De même, il est important d’être conscient qu’un ressortissant vietnamien éprouve un fort sentiment de honte, de méfiance et se sent redevable à la famille qui s’est endettée pour lui permettre d’entreprendre le voyage clandestin. La pression de la famille restée au pays pour continuer à rembourser la dette, elle-même sous pression du réseau criminel, est également un élément à prendre en considération. 

La mise en confiance avec un interprète fiable et sûr et, pour les mineurs, des mesures de sécurité telles que la privation temporaire du téléphone portable, sont susceptibles de contribuer plus facilement au dévoilement des faits. De telles mesures de sécurité permettent en effet aux victimes mineures d’être davantage protégées du réseau criminel qui continue d’exercer des pressions. 

Les formations de tous les acteurs par des ONG expertes de la culture vietnamienne, comme elles ont déjà pu être organisées, constituent des exemples de bonnes pratiques à poursuivre.

Comme constaté dans le dossier Essex, la mention en toute objectivité dans les PV d’auditions du comportement non verbal de la victime (ex : tremblements, pleurs, etc.) est également susceptible d’aider à la compréhension de déclarations parfois incohérentes.