Les sciences psychologiques offrent plusieurs pistes pouvant parfois expliquer les incohérences observées dans le récit des victimes. Parmi les explications potentielles figurent notamment l’impact émotionnel des évènements sur l’attention sélective, l’influence du contexte culturel et personnel sur la perception ou sur la mémoire, la nature malléable de la mémoire, la présence de biais cognitifs inconscients, l’influence des informations reçues après les faits (post-hoc), ou encore l’évolution naturelle de la mémoire au fil du temps.

Les auditions de police intègrent déjà, à des degrés divers, les mécanismes propres au fonctionnement de la mémoire. Par exemple, lors des premières auditions menées par les cellules EVA (Emergency Victim Assistance), lors du dépôt de plainte, les enquêteurs prennent le temps nécessaire avec les victimes. Ces auditions reposent sur le récit libre et les incohérences dans le discours des victimes sont considérées comme faisant partie d’un processus normal. Les auditions audiovisuelles TAM favorisent également le récit libre de la victime. Cette technique permet de recueillir un maximum d’informations en limitant les biais de confirmation. Dans les dossiers de traite, cette approche peut parfois s’avérer utile pour les victimes gravement traumatisées.

Afin d’encourager l’intérêt, déjà croissant, sur la thématique, il peut être bénéfique de développer des formations sur la question à destination des services de première ligne et des magistrats.